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Sujet à la une

L’éventuelle suppression de la maternité d’Oloron inquiète les médecins souletins

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22/08/2008

Goizeder TABERNA


Le débat est en suspens pendant l’été. Dans l’attente du rapport des experts mandatés par l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH), les mobilisations pour le maintien de la maternité d’Oloron ont levé le pied. Cependant, la question est encore vive dans l’esprit des Souletins. Le corps médical craint le manque de sécurité pour les jeunes femmes qui envisagent de s’installer en Soule.


“Les femmes enceintes appréhendent le manque de secours de proximité”, raconte Dr Roget. Ce médecin généraliste est installé à Barcus et prend en charge les personnes malades depuis Cherraute jusqu’à Esquiule. Si la maternité de la clinique Arc-en-ciel d’Oloron fermait, les Souletins qui ont l’habitude de s’y rendre devraient prolonger leur trajet jusqu’à la maternité de Pau. Depuis le bourg de Barcus, il faut une heure et quart, et “depuis certains quartiers, il faut compter une demi-heure de plus”, comme l’explique Christian Roget.


Selon le jour et la circulation, le déplacement peut être “catastrophique”. Gynécologue à la clinique d’Oloron, Josiane Bœuf relève les risques engendrés par la distance : “en cas de saignement, cela peut être dangereux”. En particulier, lorsqu’il n’y a pas de sage-femme et que le gynécologue n’est pas en permanence sur place, comme c’est le cas en Soule.


Compatibilité des services
C’est la raison principale pour laquelle les mobilisations ont pris de l’ampleur ce printemps. Conscient de la crise, les élus ont mis en place une commission pour chercher une autre solution que celle de la suppression de la maternité. “Les mobilisations ont pointé du doigt que l’hôpital et la clinique ne sont pas antagonistes”, explique Dr Roget. C’est bien ce qu’est en train d’étudier le groupe d’expert de l’ARH. Ainsi, les Souletins pourraient continuer à s’adresser aux services oloronais.


Bien que dans d’autres vallées, les grossesses soient suivies à la clinique Sokorri de Saint-Palais, les régions de Barcus et de Tardets sont plus enclins à emprunter les services béarnais. Cependant, en Haute Soule, la fermeture de la maternité amène plus de “tristesse” que d’inquiétude, car ici, les patients du docteur Coste “sont plutôt du 3e, voire du 4e âge”.
C’est bien ce que craint le docteur Roget, que les jeunes partent ailleurs, pour des questions pratiques. Pourtant, Barcus et Esquiule connaissent une nouvelle tendance : les jeunes s’installent de plus en plus ces derniers temps. Certains reprennent une exploitation, “mais le cadre de vie peut les décourager”.


Difficultés des médecins
Son collègue de Mauléon, Dr Gougne, craint également la désertification. Avec cela, le déclin des services. En effet, la fermeture de la maternité mettrait en sursis le poste de gynécologue de Mauléon. Dr Gougne peut déjà témoigner des difficultés à trouver des remplaçants pour les vacances ou pour les départs en retraite. “Ce souci est lié au contexte économique. Pour que les jeunes médecins s’installent, il faut que leurs conjoints trouvent du travail”.

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