Pays Basque
Des espadrilles bio à base de néoprène recyclé made in Mauléon

22/08/2008
A.P
Le bio est partout, dans vos assiettes et vos vêtements, et même jusque dans vos chaussures et tout particulièrement les fameuses espadrilles et les tongs, tellement portées durant l’été. Une expérience originale vient d’être réalisée entre un des géants de l’industrie du surf, Rip Curl, et une des entreprises de fabrication traditionnelle d’espadrilles basée à Mauléon, la société Megam.
Au départ, Rip Curl explore les pistes d’une consommation toujours plus responsable et orchestre différentes actions visant “à faire du neuf avec du vieux”, afin de séduire autant les surfeurs passionnés et engagés et les jeunes écocitoyens ou amateurs de vintage.
Toutefois, le concept n’est pas nouveau, puisqu’en Afrique beaucoup de sandales et semelles sont fabriquées à base de pneus recyclés.
Mode recyclage
C’est une idée simple au départ. Comment offrir une deuxième vie à sa “combi de surf” : plus question de jeter sa veille combinaison de néoprène poreuse et craquelée. L’entreprise Rip Curl, actuellement au sommet de la vague des projets de protection de l’environnement dans l’industrie du surf, propose une 2e vie au néoprène : hachées menues, les combinaisons servent également de rembourrage à des poufs, appelées “éco-poufs”, pièces uniques et design qui doivent être vendues aux enchères au profit de Surfrider Foundation.
Projet résurrection
Comme son nom d’inspiration biblique l’indique, c’est un projet ambitieux, dans la lignée de la politique sur l’environnement de Rip Curl, qui vient de voir le jour. La semelle en néoprène recyclé subit un traitement de choc avant de “renaître” sous la forme de semelle d’une jolie espadrille bien de chez nous !
Le néoprène est d’abord broyé dans une usine de Toulouse, puis il est transformé en caoutchouc à Mauléon avant d’atterrir dans les ateliers d’un des leaders de l’espadrille, l’entreprise Megam. La semelle subit une vulcanisation, ou thermocollage sur l’espadrille (système de gaufrier), laquelle est cousue de coton bio. Selon Monique Marzat, la gérante, le projet est intéressant, mais très coûteux : “ça coûte quand même trois fois plus cher à produire, car il y a plusieurs étapes de traitement dans le recyclage”, précise Mme Marzat. On savait que le recyclage est cher, mais cela permet à un des leaders du surfwear d’innover, de sortir un tant soit peu de la production dans les pays d’Asie, comme le fait tout le secteur de l’habillement, et de relocaliser la production dans des circuits courts, en privilégiant les entreprises locales au savoir-faire qui n’est plus à prouver.
A quand l’espadrille biodégradable ?




