Culture
Ravalement de faces dans les favelas

22/08/2008
Claire De Oliveira
Morro da Providencia, l'une des favelas les plus dangereuses du centre de Rio, refait parler d'elle, non pas dans les chroniques policières des journaux brésiliens mais en s'inscrivant cette fois dans le monde de l'art grâce au travail du photographe français JR.
JR, qui a choisi de ne pas révéler son identité, ni son visage et se définit comme un «artiviste» (contraction des mots artiste et activiste) a revêtu les façades des maisons, perchées sur les collines de la favela, de gigantesques photographies de visages et de regards de femmes, en noir et blanc.
L'effet est remarquable à distance, alors que leurs yeux écarquillés se détachent de la colline, et semblent se fixer sur les passants au bas de l'Avenida Brasil, l'une des grandes avenues de Rio. Désormais la favela observe la ville.
Avec cette exposition, JR, pour qui la rue est une galerie d'art universelle et la ville le terrain d'actions de grande ampleur, a voulu rendre hommage aux femmes, celles qui occupent un rôle essentiel dans ces communautés et bien souvent les premières victimes de la violence.
L'objectif secondaire est de créer de l'art dans des endroits où il est toujours exclu.




