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Sports - Athlétisme

Le 800m, une course ŕ part

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22/08/2008

Astolfo Cagnacci

Le 800 m, aux frontières de l'anaérobie et de l'aérobie, est une course à part qui, par les différentes aptitudes qu'elle requiert, et notamment un sens tactique aiguisé, est la plus complète et universelle des disciplines de l'athlétisme. Protégés lors des 300 premiers mètres, courus en couloirs, les spécialistes sont ensuite abandonnés à la lutte d'homme à homme qui n'exclut ni bousculades ni coups.

On y retrouve les attentistes, comptant sur leur pointe de vitesse finale, et ceux qui, sûrs de leur force, prennent la tête dès le regroupement à la corde. Cette assurance, c'était la marque du Cubain «El caballo» Alberto Juantorena, le seul à avoir réalisé le doublé 400 m/800 m en 1976 à Montréal grâce à sa foulée d'ogre.

Il faut de la force morale et du souffle, du sprint et de la résistance, pour les qualités physiques. Mais aussi une lucidité et une science du placement. A se demander d'ailleurs si les coureurs du 800 ne sont pas plus intelligents que leurs collègues du sprint par exemple. Une chose est sûre : ils réussissent nettement mieux leur reconversion, à commencer par le Britannique Sebastian Coe. Député puis pair à vie, Lord Coe est, jusqu'en 2012, président du comité d'organisation des JO de Londres. Interrogé sur le sujet, délicat, Coe s'en sort avec un sourire.

C'est parce que l'épreuve fait appel à un éventail élargi de qualités que les coureurs du 800 m ne sont pas formatés comme les sprinteurs et les spécialistes du demi-fond long, chez qui, selon les conclusions d'études récentes, les gènes ont un rôle déterminant. On y retrouve ainsi les gabarits les plus divers. «Le 800 m, c'est le confluent entre les coureurs qui sont montés du 400 m et ceux descendus du 1 500 m», remarque José Marajo, finaliste aux Jeux de Moscou, en 1980.

International

Le palmarès des JO est éloquent : parmi les vainqueurs des douze dernières éditions (depuis 1960), on recense dix nationalités différentes, notamment pour un Brésilien (Joaquim Carvalho Cruz en 1984) et un Norvégien (Vebjorn Rodal, lors des Jeux d'Atlanta en 1996).

Un Suisse, André Bucher, instituteur de son état, a été sacré champion du monde 2 001. Et un Luxembourgeois, David Fiegen, a été vice-champion d'Europe 2 006 à Göteborg (Suède). Le 800 m a produit des champions hors norme et pas seulement sur les pistes. Ainsi, l'Américain Mal Whitfield, qui conquit deux titres olympiques en 1948 et en 1952, avait servi entre-temps au poste de sergent mitrailleur dans un avion de l'US Air Force pendant la guerre de Corée. Tragique fut le destin de Rudolf Harbig. L'Allemand, qui avait porté le record du monde à un niveau insoupçonné en 1939 (1 min 46 sec 6/10, soit 2 sec 8 de moins que le précédent), fut tué un fusil à la main en défendant avec son unité un pont en Prusse Orientale.

Hier en demi-finale les favoris du 800 sont tous tombés. Le Russe Yuriy Borzakovskiy et le Sud-Africain Mbulaeni Mulaudzi, champion et vice-champion olympique à Athènes, ont été éliminés sous la pluie. Le jeune Soudanais Abubaker Kaki, détenteur de la meilleure performance mondiale (MPM) de l'année, également record du monde juniors, a subi le même sort. La finale s'annonce la plus ouverte de l'histoire du 800 m.

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